Tour d’Horizon: Pour quelques jets de dés de plus..

Alors que je retombais sur Red Dead Redemption (jeu auquel je joue quand le ciel normand est trop gris à mon goût), je me suis rendu compte à quel point le genre Western était peu exploité en jeu. Bien entendu, Deadlands (Ah, Brom…) existe mais son élément fantastico-historique, inspiré de la Ghost Dance (qui a mené aux tragiques événements de Wounded Knee), ne le qualifie pas dans le domaine Western stricto sensu. Il est évident que notre passion a toujours un élément de fantastique plus ou moins poussé. Il est en fait, sauf à de rares exceptions, toujours présent quand le jdr traite une période historique. C’est là bien compréhensible, quitte à rêver, autant rêver en grand. Quitte à voyager en mots et dans l’Histoire, autant ajouter un petit piment. James West serait bien d’accord quand on dit que ce genre est d’une malléabilité fabuleuse. On peut y trouver de l’aventure, une grande liberté, la possibilité de « créer » quelque chose (une propriété, une dynastie…), un environnement aux multiples facettes et des interactions en tout genre et de tous genres: fantastique, SF, Steampunk, horreurs, uchronies..

Dans le Western, l’homme y est minuscule, tentant de domestiquer son environnement et à la merci des autres hommes. La loi n’existe pas ou peu et à bien y penser, il existe de nombreux parallèles entre le genre post-apocalyptique et le western. A la différence que dans le dernier, l’homme construit un nouveau monde et que  dans le premier l’homme a tout perdu. Cela crée une atmosphère constante d’insécurité dès qu’un inconnu apparaît, dès qu’un endroit inexploré est découvert. Les animaux, les aléas climatiques sont autant d’antagonistes montrant que chaque déplacement est une aventure potentiellement mortelle. Et nous qui nous plaignons des retards de bus…

Avant d’aller plus loin, parlons de quelques jeux de rôles qui mettent en scène nos garçons vachers et autres brutes..

Boot Hill de TSR avait tenté une percée dans le genre et il faut reconnaître que si le système changeait du jeu étendard, l’influence de D&D avec les figurines et les cartes l’a surtout transformé en un jeu de duel et de « gunslingers ». Il a quand même connu trois éditions mais il était difficile de sentir les grandes plaines et les paysages s’étendant à perte de vue.

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En bien plus récent, le très intéressant Dust Devils permet de jouer toutes les histoires possibles avec un système sans dé mais avec des cartes à jouer (classiques) et des jetons de poker pour faire office de point de destin. En fonction de vos caractéristiques le MJ vous donne un nombre de cartes que vous allez jouer. Celui avec les plus hautes cartes emportera l’action. Pas besoin de vous y connaître, soyez rassurés. L’ambiance du jeu se veut proche d’Impitoyable où les joueurs vont avoir à gérer leurs démons intérieurs et où la narration est très présente.

Aces & Eights est aussi une référence dans le genre même si ces règles sont régulièrement critiquées pour être un peu lourdes. On notera aussi l’allusion au poker, comme si cela devait être un passage obligé. Très beau, il possède un abondant suivi.

Mais reconnaissons que dans le western, le setting est ce qui sera le plus important. Un système de jeu « réaliste » à la Chaosium fera parfaitement l’affaire et permettre de couvrir toutes les situations (sauf si vous voulez gérer les dommages comme dans un film de Sam Peckinpah). Tout dépendra des aventures que vous souhaiterez faire jouer. Et bien entendu, l’élément fantastique va invariablement frapper, on ne se refait pas. Ainsi, le film Cowboys et Envahisseurs, tiré de la BD éponyme est un improbable setting (et un film que l’on qualifiera de…personnel) mais peut donner de bonnes idées d’histoires en one-shot. Surtout avec Olivia Wilde.

On retrouve d’ailleurs un setting fantastique du fait des grands espaces où personne ne vous entendra crier. La campagne Red Eye of Azathoth pour Cthulhu de Kobold Press couvre plusieurs époques historiques (les joueurs projettent leurs esprits pour y parvenir ) et la partie Western se passe en Arizona et le mélange des deux un puits d’inspiration malgré ses défauts. Imaginons des cultistes en chariots allant de ville en ville, créant d’étranges événements, jusqu’à ce que quelqu’un raconte, tard le soir dans un saloon qu’il a …vu. Tout y est. Vous pouvez même déguiser ce scénario en banal scénario western où tout va déraper. Une autre idée: un grand méchant propriétaire que les joueurs doivent aller visiter car il a enlevé quelqu’un/volé des chevaux/ et quand les joueurs arrivent, son armée personnelle a été démembrée, tout le monde est mort sauf lui (bien sûr). Doit s’en suivre une alliance contre-nature, des mystérieux mercenaires qu’il avait engagés, une attaque la nuit venant du ciel. Bref, vous mâtinez le tout de tribus indiennes craintes de tous (avec qui les mercenaires fricotent de manière contre-nature) et vous avez un grand moment de jeu dépaysant. Quand les 7 mercenaires rencontrent Cthulhu..

Il existe aussi un scénario dans le supplément Etranges Epoques qui se passe lors de la Guerre de Sécession, qui mériterait un article pour elle seule.

Dans un prochain article sur les Découvertes, je reviendrai sur Far & Away (Horizons lointains) qui parle d’un partie de l’ouverture des territoires de l’Oklahoma. En s’inspirant de ce film, les joueurs peuvent avoir comme but de s’installer, d’avoir de la terre pour eux avec tout ce que cela amène comme épreuve. Ils peuvent aussi traverser de génération en génération la conquête de l’Ouest. Une mine (post 1849 *joke*) d’informations sera la très belle mini-série produite par Spielberg Into the West. On y  voit le destin de deux familles de colons et indiennes à travers toute la conquête du pays. Inutile de dire que cela finit mieux pour l’une que pour l’autre et que cela donne parfois envie de se pendre. Cette série peu connue est un vrai chef d’oeuvre et pour en voir adapté des bouts en partie, elle recèle aussi de photos de PNJ et d’histoires fantastiques et parfois à peine croyable.

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Deadwood, Heel on Wheels donneront aussi toute la matière en histoires et en source de PNJ. Cette dernière série est dans le trope de l’homme face à la nature et cette hostilité constante. Tout pour passer très aisément par le filtre du fantastique.

Si Deadlands (en français chez Black Book) est donc la référence dans le genre, le Far West avec-un-peu moins-de-fantastique-dedans est un genre qui n’attend que vous pour être exploré.

Avec ses terribles rencontres:

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Précision: la VO préconise 8D6/4D6/1D6 pour 50/100/200 mètres pour les Armes-à-Foudre. La nouvelle version précise néanmoins que la portée est de 100 mètres si vous souhaitez mélanger les deux versions. Le D10 proposé dans la version SD est des plus étranges.

Il est à noter que les photos que possédaient Elias et prises par McWhirr sont les photos du désert des Pinnacles. Si vos joueurs en font la remarque, signaler que cela y ressemble mais que les monolithes sont bien plus grands et disposés de manière moins aléatoire.

Un lien vers un site d’argot en anglais mais très simple et savoureux. Par exemple, Pommy pour anglais, Boomer pour un grand kangourou, Roo pour un kangourou » normal », Valser (le verbe français, Waltzing en anglais) pour « se promener « . Chook pour un poulet et aussi une insulte gentille.

Fair Dinkum, utilisé dans l’aide AU-03 pourra se traduire par « j’vous jure ». Dans cette même aide, on retrouve Lurk qui signifie « louche » et Yakka qui signifie « travail ». Bloke est l’équivalent britannique de Guy (un gars) mais Mate (prononcé moïte) sera bien plus courant, en fait omniprésent. D’où le fameux « G’Day Mate » australien. (« Gui day » en prononciation).

Toujours sur les aides de jeu, attention aux nombreuses fautes présentes sur ce chapitre. Le summum est atteint dans la coupure de presse AU-14 avec des fautes de français (utilisation du passé simple pour un article de presse?) et de frappe (le nom de la ville dans le titre et dans l’article, tout de même). Il est à retaper intégralement.

Robert Mckenzie:

Mckenzie.46-PM la une du journal Northern_Times_Carnarvon_WA_1905_-_1952_26_August_1905

Les dingos:

Un lien sur les titres de journaux des années 20 en Australie Occidentale.

Une infographie interactive sur les Aborigènes.

La série Underbelly:Razor magnifiquement réalisée et belle source d’inspirations pour Pnj.

Au sujet de l’Alcheringa (le Temps du Rêve), il se situe à l’époque du continent Gondwana.

Une carte des langues aborigènes, montrant bien la difficulté de communication (et qu’il est bon de maintenir) et une liste sommaire de mots.

Waltzing Matilda, la chanson australienne considérée comme un hymne officieux, racontant l’histoire d’un vagabond accusé de vol et qui se jette dans un billabong d’où l’on entend encore son fantôme.

Sur Youtube Rabbit-Proof Fence, aussi appelé Long Walk Home

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Dune pour les scènes oniriques et/ou dans le désert. A propos du désert, entre 1923 et 1924 la température à Marble Bar n’est pas descendue en-dessous de 37°C pendant 160 jours.

 

 

 

MJ- Les Masques de Nyarlathotep- Australie

Continuons cette semaine le tour de nos Encyclopédies avec cette fois des encyclopédies plus ou moins fictives et qui, outre la joie de la lecture et de la découverte, permettent que le puits aux idées ne se tarisse pas.

En préliminaire, l’essai Anatomie de l’Horreur de Stephen King (traduction de « Danse Macabre« ) passe en revue tous les grands auteurs, les évolutions du genre et toutes ses mouvances. Toutes les origines du fantastique sont ainsi passées au crible d’une manière passionnante. Il y a énormément à apprendre dans la manière de construire ses histoires et de recycler bien des idées. Il aura fallu 15 ans pour voir cet ouvrage traduit mais c’est un indispensable pour la connaissance du genre.

Quelles encyclopédies ou sourcebooks peuvent donc être utiles au MJ voulant jouer hors des sentiers battus?

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Pour les amateurs de Steampunk, l’Encyclopedia of Fantastic Victoriana vient juste d’être rééditée. Enorme travail de Jess Nevins qui couvre sur 1200 pages les moindres recoins de l’époque victorienne, alternative ou non, et qui pourra servir à tout amateur de Victoriana, Doctor Who, Cthulhu entre tant d’autres. La réédition modique pour 10 euros est uniquement disponible en format Kindle. RôlisteTV a demandé auprès de l’auteur si une version 2,5 kg serait disponible dans un avenir proche. Il nous a répondu que ce n’était pas envisageable au vu du coût. Un tablette (le compagnon indispensable du rôliste en 2010) sera donc vitale pour en tirer la substantifique moelle.

S’il existe un univers qui, à bien y réfléchir, n’a pas besoin de jeu, c’est bien celui de Conan (surtout quand on n’aime pas le D20). La version française est épuisée alors vous pouvez choisir un système de jeu médiéval et vous avez tout ce qu’il faut pour y jouer des années. Que ce soit par les sites internet, ou par l’Encyclopédie Conan, vous trouverez tout votre bonheur. Sans parler des moutures comics absolument omniprésentes . Edit: en cherchant les liens, celle-ci semble être épuisée où vendue 100 euros sur Market Place.

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Si vous aimez les Dragons, le cycle de Pern écrit par Ann McCaffrey est un univers unique fait de filaments, de dragons et de science. Aucun jdr ne s’est attaqué à cet univers fascinant et unique qui est un vrai changement dans le codes et qui a une vraie place à part.  Ainsi, le Dragonlover’s Guide to Pern comblera ce vide en vous donnant un background solide qui ne vous demande plus qu’à choisir un système de règle souple et à réunir vos joueurs.PhotoGrid_1422361584957

Les amateurs de Superhéros n’ont, quant à eux, que l’embarras du choix, en VF comme en VO, grâce aux éditions DK. Les Chroniques de Batman chez Huginn Munnin couvrent ainsi toute la vie du Caped Crusader. Si vous ne l’avez pas déjà fait, jouer dans les années 30/40 (début du Golden Age) dans les ambiances costumées a un charme unique, véritablement un genre qui gagnerait à être plus exploré.

Que ce soit Marvel ou DC, leurs character guides sont autant de feuilles de personnages et de PNJ (faciles à montrer en partie, par rapport à une page internet). Il en va de même pour les encyclopédies d’univers dont les mises à jour régulières permettent de trouver les anciennes éditions à moindre prix.

Dans le même registre, la chronologie de DC Comics peut s’avérer bien utile pour s’inspirer…PhotoGrid_1422364004700

Un univers clé en main est aussi celui d’Invincible, de Robert Kirkman. Il n’y a pas que les zombies pour le scénariste qui vend le plus ce comics aux USA et c’est en clin d’oeil à Marvel  qu’il présente son univers. Le texte y est touffu et les biographies des héros et vilains ultra détaillées. Un jour on sortira Ultraverse, un jour.

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Dans un registre plus « adulte » et pour des histoires sans costumes, l’Encyclopédie Vertigo pourra vous inspirer sur tout ce qui est du domaine du fantastique. Nul besoin d’être connaisseur, il suffit juste de se laisser porter. Nous ferons bientôt une chronique sur Jouer dans l’Univers de Sandman et nous reviendrons dessus. Si vous voulez de l’inspiration et que, de surcroît, vos joueurs ne sont pas familiers avec le comics, saisissez l’occasion sans tarder. Il est à noter qu’il existe aussi une encyclopédie pour la série Fables (qui arrive bientôt au cinéma) mais la série devant toucher à sa fin au numéro 150 et début 2015, une version définitive va venir la remplacer.

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Il existe bien sûr pléthore (j’adore ce mot*) de sourcebooks et autres (le guide des épisodes de la Quatrième Dimension, par exemple) à côté de cette sélection. Certains sont hors de prix comme l’encyclopédie de Dune et des tirages plus faibles font que leur disponibilité peut vite être problématique. Ils marquent surtout le fait que toutes sortes de background sont trouvables désormais alors que naguère, le jeu devait sortir pour pouvoir jouer dans un univers donné. Auparavant, il fallait avoir des règles et l’on pouvait jouer dans n’importe quel monde. Maintenant il suffit d’avoir un monde et jouer avec n’importe quelle règle. L’émergence de système à la Fudge/Fate permet ainsi de jouer partout avec un minimum d’efforts et surtout de toujours aller de l’avant quant aux histoires. Surprendre ses joueurs, SE surprendre sont ce qui brise le train-train des parties et fait naître les nouvelles dynamiques.

*20ème seconde:

Tour d’Horizon: Encyclopédies (Part II)

Pour la rentrée 2015, Benjamin, Guillaume et Mathieu continuent la nouvelle formule grand format du Journal. Ils continuent ainsi de couvrir multiples sujets, en rapport direct et indirect avec notre passion ludique. Et ce numéro semble être un hommage involontaire à Lovecraft et au pulp 🙂

Au sommaire:

Les news

Benjamin nous présente
Le Necronomicon, édité par Pré aux Clercs
Les contrées de l’horreur, un jeu édité par Edge

Guillaume nous présente
Z first Impact, par Z or Alive Cie
Arcadia Quest, par Edge

Mathieu nous présente
– Les nombreuses vies de Conan
– Lovecraft Annotated

Le Journal du Rôliste- Janvier 2015

Scénarios et jeux gratuits du moment: un Docteur et des Superhéros

L’ère numérique du Jeu de rôle a quelques bons côtés. On peut jouer pour pas bien cher pour peu d’y mettre l’imagination. Régulièrement, DrivethruRPG nous tient au courant de belles promos et c’est du tout premier choix que nous avons en ce début d’année.

Alors que Cubicle 7 annonce sa méga campagne en 12 parties à l’occasion de la sortie du sourcebook du 8ème Docteur, un de ceux-ci est disponible gratuitement. il peut se jouer indépendamment du reste des autres et sera un excellent one-shot adaptable finalement pour tout jeu fantastique.

Si vous voulez ainsi jouer un épisode à l’époque du Roi Arthur et en découdre à Mordred, cliquez sur l’image ci-dessous et obtenez A Matter of Silver.

Dans un registre plus en collant, pourquoi ne pas essayer l’univers Valiant créé au début des années 90 par Jim Shooter? Il s’agit là du jeu recouvrant la nouvelle mouture de cet univers et toutes ses déclinaisons. Du Quick-Start Rule à toutes sortes de petits suppléments gratuits eux aussi, vous pourrez ainsi en faire tout le tour. Il ne s’agit donc pas du jeu en entier mais de quoi vous faire un avis sur son esprit et ses mécaniques. Publié par Catalyst Game, il possède un système de jeu (optionnel) original de rotation de MJ en partie. Pour mêler l’utile et le beau à l’agréable, la version comics du jeu est aussi disponible, vous expliquant le système à l’intérieur de la BD. Valiant Universe RPG Comic Book Play Guide est gratuit lui aussi.

Pour en savoir un peu plus, un avis rôliste sur le blog les bons remèdes.

Tour d’Horizon: Encyclopédies SF et Fantastique (Part I)

Alors que je commençais à rédiger un article sur Comment créer sa propre ville dans les jeux « sédentaires » urbains contemporains  (et une étoile de gagnée pour avoir placé 3 épithètes d’affilée), cet ancien article est passé de l’écrit à l’image et vient de rejoindre la liste des chroniques à tourner (spoiler!).

L’Horizon venait de changer à nouveau et dans l’angoisse (auto-imposée) de fournir un article par semaine, j’ai cherché l’inspiration et l’ai trouvé, chanceux au même moment: l’Inspiration.

Elle est ce qui fait que vos joueurs vous demandent de jouer, elle est ce qui permet de faire du vrai sur mesure avec vos campagnes et non pas le prêt-à-porter anonyme des scénarios du commerce. Le MJ curieux et toujours à la recherche de nouvelles idées (ce qu’il doit être, n’est-ce pas?) a toujours ses sens en éveil pour pouvoir transposer  ce qui l’entoure dans ses parties.

Alors quoi de mieux que les encyclopédies pour que jamais la source ne se tarisse? Je ne parle pas des encyclopédies de Oldtown et de la Citadelle ni de celles de la bibliothèque de Celeanos. Je parle de cette pratique très anglosaxonne du « Companion »/Sourcebook/Encyclopedia qui s’installe enfin chez nous et qui plonge le lecteur dans un univers sans pour autant lire l’oeuvre initiale. Concises et bien fournies, elles permettent d’avoir un univers clé en main et autant de « fiches » à disposition.

Je vais m’axer sur deux genres d’Encyclopédies pour cet article en deux parties. Celles sur les genres et celles sur les univers (la semaine prochaine). Il est certain que tout se trouve sur la Matrice mais en fait cette assertion est bien loin d’être vraie. Outre la convergence d’informations Wikipedienne, on se rend compte qu’il faut souvent faire son Indiana Jones si l’on veut quelque chose de spécifique. De plus, l’écran éclairé ne permet de lire qu’une seule page alors que le livre vous permettra de naviguer sur les pages du savoir à loisir, faisant escale où vous le souhaitez, et sans temps de chargement.

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Commençons par le véritable pavé de John Clute qu’est son encyclopédie de la science-fiction. Sur environ 1000 pages sans image, il s’agit de ce qu’il y a de plus complet jamais sorti, traitant les genres et les oeuvres d’un point de vue critique. De quoi devenir un Pic de la Mirandole du genre même si le seul petit regret est que l’édition est de 1993 -Tempus Fugit…- et ne couvre donc pas certaines oeuvres actuelles. Celles-ci seront accessibles par d’autres médias assurément et n’empêchent pas de rendre cet ouvrage indispensable pour tous les amateurs du genre. Il vous donnera envie de lire encore et encore et les « Ah bon? Je ne savais pas » seront légions. Par le terme science-fiction, on recouvre  le fantastique et l’horreur également. La France étant la championne des étiquettes, le mot « fantastique » en tant que genre n’a pas de véritable équivalent naturel en anglais. Vous trouverez ainsi Stephen King et King Kong à quelques pages d’écart.

Fort de son prix Hugo, Clute récidive en 1999 avec une encyclopédie de la Fantasy (on entendra donc médiéval fantastique) qui est toute aussi exceptionnelle. Si vous aimez la littérature fantastique, ces 2 oeuvres sont donc indispensables. Encore une fois, il ne s’agit pas là uniquement de catalogues mais de vraies analyses et commentaires sur notre passion et pour environ 4 kilos, elles peuvent être à vous.

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Si vous préférez néanmoins une version dématérialisée, tout son contenu est présent sur le site sf-encyclopedia.com, créé par l’auteur. La version fantasy se trouve sur cet autre site: sf-encyclopedia.uk/fe.php (Merci à William T. pour l’info)

Complément idéal et très moderne (avec des images!!) mais uniquement SF dans le sens où nous l’entendons, vous trouverez votre bonheur de fan (574 pages) avec SCI-FI Chronicles. Elle date 2014 et prend tous les media en compte (comics, jeux videos..) couvrant les grandes époques de la SF dont la présence au cinéma a explosé avec les effets spéciaux.

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téléchargement (2)Et je ne résiste pas à la tentation de mentionner l’encyclopédie illustrée de la SF de Clute qui passe en revue l’évolution du genre avec un superbe choix d’illustrations. L’ouvrage s’arrête aussi au milieu des années 90 et est un délice pour les yeux. Le jeu de rôles invente peu et c’est en prenant vos inspirations dans ces créations parfois oubliées que vous pourrez ainsi surprendre vos joueurs et aussi, assez prosaïquement, vous-même (et à prix bien bas)

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Si vous aimez Rocket Age et que vous aimez le pulp et les ambiances différentes  The visual Encyclopedia est pour vous. Le fait que le livre date de 1977 entraîne une vision parfois désuette mais toujours fascinante sur la perception de ce qu’était l’avenir. Les images sont somptueuses et l’approche se fait par thèmes (science, religion, robots, utopies…). Une véritable pépite indispensable qui montre toute l’évolution du futur, une phrase qui est toujours bizarre à dire.  (et pour 5 euros environ, pourquoi se priver?)PhotoGrid_1421584493003

Dans un registre plus terrestre, la collection des Element Encyclopedia sera une énorme source d’inspiration pour les amateurs de Changelin, de fantastique urbain et aussi de médiéval fantastique. L’encyclopédie des Magical Creatures couvre absolument toutes les mythologies (elle parle du Bahamut et du Hea-Bani, pour briller en société). Nous reviendrons sur cet opus dans notre video « Jouer dans l’univers de Sandman ». Il permet d’avoir une vision exhaustive de tout ce qui hante nos mythes et légendes. Les celtes, les fées, les rêves, les fantômes, la magie font ainsi l’objet d’un volume, où chaque entrée pourrait-être un scénario.PhotoGrid_1421585427833

Les ouvrages proposés sont en anglais mais le style encyclopédique est très abordable et très facile à lire. Il existe bien sûr des encyclopédies en français d’excellente qualité mais celles-ci sont souvent moins complètes (et plus chères) du fait de la non-traduction ou de l’indisponibilité de certaines oeuvres en VO.téléchargement (4)

Je conclurai cette première partie par un petit bijou français qu’est le Panorama illustré de la Fantasy et du Merveilleux. Il n’y a pas moins de 86 essais sur les grands maîtres de la fantasy allant de Shakespeare à Gaiman en passant par JM Barrie et Arthur Rackham pour ne citer qu’eux. Se présentant sous la forme d’articles écrits par une trentaine de contributeurs comme entre autres Jean-Marc Lofficier, Patrick Marcel, Fabrice Colin ou encore un jeune auteur qui débute, Michael Moorcock. Il est lui aussi à mettre dans la catégorie des « Ouvrages indispensables ». Il n’a qu’un seul défaut (et de taille, je le concède): il est épuisé et ainsi très difficile à trouver, symbole de qualité. Si vous le voyez passer, n’hésitez aucunement.

EDIT: Il est néanmoins disponible ici, pour 20 euros, ce qui est moitié moins que le prix initial et loin des 80 euros de Market Place. On croirait presque que c’est une erreur. Premiers arrivés….vous connaissez la suite!

La semaine prochaine nous aborderons les Sourcebooks et autres Companion des grands (ou moins grands) univers du fantastique.

Pour ce premier article de l’année, nous avons eu quelques jours de retard. La réalité est toujours plus forte que la fiction et elle est surtout plus abjecte que cette dernière. Il est difficile de se remettre à parler de choses légères et sans conséquence quand notre passion, qui met en avant la convivialité, est ainsi écrasée.

Les fêtes de Noël semblent bien loin dans tous les sens du terme mais si vous souhaitez dépenser les quelques enveloppes reçues ou si vous souhaitez faire de jolis cadeaux rôlistes qui sortent de l’ordinaire, c’est sur Etsy qu’il faut se rendre. Si vous ne le connaissez pas, il s’agit d’un site d’objets faits par des particuliers et couvrant toutes sortes d’univers, le jeu de rôles ne fait pas exception. Si vous voulez montrer votre originalité (avez-vous remarqué le nombre de rôlistes qui ont étudié à Miskatonic U. sur les profils Facebook?), suivez le guide. Le site livre en France pour une somme très modique. On peut aussi sourire des traductions automatiques qu’il propose qui prouve que ce domaine a encore beaucoup de progrès à faire.

Évidemment, notre bon vieil ami Cthulhu est assez présent (si Lovecraft avait su qu’un jour on ferait des bonnets de sa création…) et on y voit toute l’imagination des contributeurs. On trouve des statues de magnifique facture qui feront le meilleur effet en partie. Nous le savons tous, le nombre de statuettes du Grand Ancien est pléthorique dans les nouvelles et scénarios, une véritable production quasi-industrielle.

On trouvera aussi un Tshirt bien simple qui fera fureur en soirée, surtout en jeu à boire. Faites-lire les noms et demandez de les épeler ou de les prononcer à quelqu’un qui ne connaît donc pas le mythe.

Mythe de CTHULHU de LOVECRAFT HP t-shirt long et bref beaucoup de couleurs unisexe à manches

Un cthulhu par ici

Bien entendu, en cas de froid intense vous pouvez mettre ce modèle (parmi d’autres) mais il va demander un jet en Courage ou SAN (enfin, pour vos amis, celui-là) si vous n’êtes pas sur une piste de ski.

MISKATONIC UNIVERSITY LOVECRAFT hp Cuthulu chapeau osfa style rétro vintage unisexe Trucker Cap

Et cette casquette servira pour Cthulhu Trucker.

Dans un registre plus pragmatique, voici une tour de dés, qui reste pour ma part le summum de l’optimisation du ratio geek/sens pratique (cliquez sur l’image)

FoxTower, Normal taille tour de dés pour jeux de rôle et jeux de société

Si vous souhaitez également faire un joli cadeau à votre doulce, ce « joli » collier qui pourra aussi servir de kit d’urgence même si, avouons-le, il faut être assez sûr de soi pour ce genre de présent, surtout si votre chère et tendre n’adhère pas trop.

Bracelet Mens D-20 Gamer Bracelet Gamer Larp RPG Geek bijoux

Comme vous le voyez, Etsy regorge de pépites. Voici donc une liste qui va multiplier les onglets de votre navigateur internet.

Il est à noter que certains objets sont en quantité limités et certains pourraient ne plus être disponibles.

Ainsi s’achève ce petit tour d’Horizon de début 2015. RôlisteTV vous prépare de nombreuses vidéos et sujets inédits (rubrique MJ sur jouer dans Game of Thrones ou jouer dans l’univers de Sandman pour ne citer que celles-là)

Tour d’Horizon- Faisons nos Courses

Et que vive 2015!

MMXIV s’en va et comme le dit Bansky, nous sommes maintenant aussi loin de 2000 que de 2030. L’année 2014 aura vu un nouveau D&D, un vampire ressuscité et 2015 verra un nouveau Cthulhu. Cette dernière phrase a déjà été écrite de nombreuses fois en modifiant la date et elle montre bien que les « powerhouses » du jdr sont bien vivaces malgré des traversées du désert ou des mutations.

  A propos de mutations, RôliteTv en subit une également avec un nouveau site (définitif celui-là) devant faire son apparition dans les mois à venir. Rassurez-vous, l’adresse reste inchangée pendant les travaux et vous pourrez toujours venir vous y reposer autant de temps que vous le désirez, nous sommes toujours ouverts. Nous vous devons bien cela car vous avez fait de 2014 une grande année pour notre bien modeste webtv. Que cela soit sur notre groupe Facebook avec ses 740 likes, notre compte Twitter ou les statistiques de ce site, nous vous remercions de votre fidélité toujours plus grande. Les retours sur nos vidéos sont toujours instructifs et nous donnent pléthores (jet en « mot intelligent » réussi) d’idées pour la suite. Nous remercions aussi bien entendu tous nos partenaires pour les informations, les envois presse et la gentillesse de leurs réponses qui grandement contribué à notre campagne 2014

Alors qu’attendre de 2015? Voici dans le désordre et presque sans préférence un petit échantillon de réponses.

  • Trouver le sort pour arrêter le temps et pouvoir ainsi jouer à loisir
  • Trouver la pierre philosophale pour pouvoir acheter le plus de jeux possible
  • Lire qu’Ikea va commercialiser des étagères extensibles à l’infini
  • Moins de temps d’attente sur Kickstarter
  • Ne plus faire tomber les dés sous la table
  • Ne plus oublier sa feuille de perso car on l’avait mis dans l’autre pochette
  • De l’inspiration
  • De l’imagination
  • Essayer de nouveaux jeux
  • Jouer avec d’autres joueurs
  • Ne plus voir de MJ qui pensent que les joueurs sont les ennemis
  • Ne plus voir de joueurs que pensent que le MJ est l’ennemi
  • Ne plus voir les coupeurs de règles en (D)4
  • Ne plus entendre l’expression « meujeuh »
  • Voir plus de fruits autour de la table, notre estomac dira merci
  • Le nouveau tome de A Game of Thrones (voeu renouvelable l’an prochain)
  • Lire des jeux sans fautes ni coquilles ou pages manquantes (voeu renouvelable l’an prochain)
  • De l’émotion, de l’émotion et encore de l’émotion

Guillaume, Benjamin, Steeven et Mathieu vous souhaitent donc une formidable année 2015 sur le plan personnel, professionnel et bien sur Rolistique! (et là, on perd la rime)

To the Future!*

*donc la semaine prochaine

Plus que quelques jours et le Fantôme du Noël Présent va passer. C’est le moment de quelques légèretés pour tous et également à RôlisteTV.

Tout d’abord, vous verrez rapidement dans notre calendrier de l’Avent que les choses ont un peu dérapé sur les dernières vidéos, mais c’est un signe de bonne humeur.

Je mentionnais les fantômes de Charles Dickens, eh bien sur le front du jeu abordons ces chères créatures. White Wolf continue de ressortir les éditions 20ème anniversaire. Après Vampire, qui sort en français ces prochains jours (miracle de Noël!) chez Arkhane Asylum et Werewolf, c’est Wraith qui a été annoncé et financé sur Kickstarter. Ce jeu à part, souffrant des structures du World of Darkness qui étaient plaquées sur les tous les jeux (la Hiérarchie était un complexe bien bancal), était et de très très loin le jeu le plus sombre de la gamme. Il était aussi le plus profond et le plus émouvant des univers. Les joueurs y incarnent des fantômes ne voulant pas être happés par la Tempête et vivant sur cette terre uniquement parce que quelque chose les retient comme un être cher, un objet ou toute autre passion. La couverture phosphorescente de sa première édition était un petit gadget mais ce jeu ambitieux à l’ambiance unique est bien le petit bijou du WoD, à l’époque où « faire du RP » semblait être une évidence et que l’on n’avait pas besoin de cette expression. On pouvait même voir un joueur jouer votre part obscure, dans la lignée des innovations de jeu lancées par White Wolf. Le sujet est évidemment à la fois universel et lourd (et l’abominable supplément sur les camps de concentration Charnel Houses of Europe était au mieux une faute de goût sans nom) mais si vous avez les joueurs matures à votre disposition, n’hésitez pas à passer de l’autre côté du Linceul. Dans cette nouvelle édition, on retrouvera une compilation de tout ce qui est sorti (reconnaissons qu’il n’y a pas eu de grands suppléments), du matériel récupéré d’Orpheus qui avait été une tentative de Wraith 2.0, des dessins originaux et d’autres recyclés (et John Cobb est toujours au programme). En un mot, ce n’est pas le fantôme de Marley que vous rencontrerez mais peut-être une des expériences rôlistiques les plus fortes et ambitieuses jamais écrites, pour peu que vous ayez le bon matériau et surtout des joueurs expérimentés, sérieux et que vous connaissez.

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Continuons, mais dans la légèreté avec cette fois, avec les rois des Internet, je veux parler des chats. Les chats aiment le Jdr. Ils sont même un jeu (gratuit si vous le souhaitez) par John Wick dans lequel vous interprétez bien sûr nos félins favoris luttant contre des forces que les humains ne peuvent déceler (et pouvant même faire usage de magie..)

On y retrouve le thème de l’extraordinaire nouvelle de Neil Gaiman, The Price, sortie en adaptation BD par Michael Zulli (excusez du peu).  Neil Gaiman en bon amoureux des chats nous avait déjà gratifié de son superbe épisode de Sandman, a Dream of a Thousand Cats, démontrant bien que derrière ces regards amoureux qui veulent du thon, il y a quelque chose de bien plus profond et ancien.

Si la langue de Shakespeare vous rebute, laissez vous tenter par un jeu en français avec Cats, la mascarade. Jeu dont le succès d’estime ne se dément pas et dont l’inspiration est postérieure à celle de John Wick, il continue son bonhomme de chemin avec sa personnalité si particulière.

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Et si l’envie vous prend de vouloir jouer des chats dans Cthulhu, et pas forcément à Ulthar, voilà Call of Catthulhu qui vous emmènera dans les luttes contre les forces innommables. Et elles le sont vraiment, d’innommables, car les ennemis ont des noms modifiés comme Phatphroggua ou encore Hastpurr (subtil jeu de mots).
Toujours dans ce même univers, l’excellent scénario bonus des Masques de Nyarlathotep dans la chapitre du Caire est une histoire que HPL en personne n’aurait pas renié, où comment il ne faut pas tomber sur le temple de du dieu de nos amis à poils et litières..

Voilà donc pour ce rapide Tour d’Horizon, il me reste juste à vous quitter sur une vidéo de chat et de Sapin de Noël (je sais, c’est la facilité) et à mettre au défi d’écrire un scénario sur pourquoi ils ont décidé de s’attaquer ainsi à ses décorations (encore un coup de la malédiction du dieu chien…)

Rôliste TV vous souhaite de bien bonnes fêtes, emplies de bonheurs et pas seulement ludiques. Le Tour d’Horizon reviendra début janvier (toujours le mercredi) après les longues digestions de décembre.

Et pendant ce temps là, vous pouvez aller faire un tour du côté du Maraudeur, excellent e-zine gratuit dont le numéro 15 vient de sortir…

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Tour d’Horizon: Des Fantômes, des Chats et Noël

Aujourd’hui pour ce tour d’horizon, parlons justement d’horizon obstrué, à savoir celui du MJ derrière son écran. Que l’on y est bien, à mettre ses notes en ordre, avec parfois pas assez lumière ou à se pencher pour laisser juste paraître ses yeux. Parfois il faut aussi sortir la tête pour voir combien ce joueur a fait avec son dé qui est venu mourir au pied du paravent, pour se calfeutrer à nouveau en son sein. Derrière ce mur on y trouve bien des choses et parfois trop (« mais elle est où, cette photo de pnj?! »). La seule citation connue de Gary Gygax est l’histoire du bruit des dés derrière le paravent et il faut dire que parfois le paravent peut aussi ressembler au Mur de Westeros.4e-dm-screen-3

On remarquera le trou d’où tombent les dés. Évidemment ce genre d’écran n’est pas bon pour les clichés que l’on peut trouver dans le monde de la Fantasy-qui-tâche mais au moins, les joueurs ne verront rien des secrets que tout MJ veut précieusement garder. Ce n’est non plus le modèle le plus transportable mais, luxe suprême, on peut même mettre des M&Ms en haut des tours. Ou pire: des chocobons, instruments du démon qui font que chaque joueur, tour à tour, va passer de « C’est bon, ces saletés » à « Allez, encore un » pour finir par « Mais mettez le paquet à l’autre bout de la table, je vais exploser!! ». Nourriture et jdr feraient un excellent sujet d’article, à y penser.  Mais je digresse, comme dirait Peter David (c’était là la première).

Dans le registre écran customisé, admirons cette création aluminium avec trappe pour jets de dés cachés.

La plupart des exemples d’écran sont pour Donjons, de manière peu surprenante. En effet aucun des paravents de l’honorable ancêtre n’a marqué les imaginations, créant profusion de créations.

Mais abordons maintenant les pires écrans de l’univers ludique.  En fouillant sur les Internets, j’ai trouvé cet écran Kickstarter pour l’Appel de Cthulhu. Splendide, car il ne dévoile rien mais pose toute une ambiance (et permet également de réviser sa géographie), il fait pourtant partie des écrans que je déteste de tout mon coeur, que j’abhorre de toute mon âme, que j’exècre de ..Bref, vous saisissez l’idée générale.

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 Pourquoi cette haine me direz-vous? Ce n’est pas que je suis un homme de principe mais je trouve ces écrans en 3 volets format paysage catastrophiques. C’est une mode que l’on trouve en ce moment, de Sans-Détour aux Ludopathes en passant par tant d’autres. Je dois être trop idiot pour comprendre ce que l’on peut trouver de bien à ce format d’écran, à part avoir un volet de moins et donc coûter moins cher à produire. Pour moi, ils sont un enfer sur une table. La règle de base d’un écran est la hauteur et rien d’autre.  Et surtout pas un mini château pour playmobil.

Tout d’abord, vos joueurs peuvent voir vos notes s’ils sont près de vous, ensuite on ne peut rien mettre dans la superficie créée par les volets et pour ce qui est de mettre des notes de votre côté d’écran, vous feriez mieux d’oublier le A4 qui va tout recouvrir. Vive le Post it où l’on n’arrive pas à se relire. Bref, aussi beaux soient-ils ces écrans sont l’antithèse aberrante du pragmatisme, mode ou pas.DM-screen

En regardant cette photo d’un VRAI écran, essayez de mettre tout ce qui y est visible derrière un écran 3 volets paysage. Vous prendrez la moitié de la table en laissant une jolie place pour montrer le plan du donjon à vos joueurs de droite. Et si vous jouez avec une tablette pour gérer la musique? On a la solution: oubliez-là.

Ce cri de rage et de colère m’amène (je suis un homme de combats) à une deuxième digression liée à un écran. Dans le temps lointain où je jouais à ADD et que vous pouviez utiliser la couverture comme écran, j’avais commencé une partie comme tant d’autres. C’est alors que j’ai commencé à voir mes joueurs se contorsionner autour de la table. Je me suis alors rendu compte qu’ils tentaient de voir l’intérieur de l’écran (et donc le plan du donjon) dans le reflet de la glace de l’imposante armoire normande derrière moi…

Les histoires d’écran sont pléthoriques. Je me rappelle de celui de Paranoia qui, du côté joueurs, avait tout simplement les récapitulatifs des tables. Côté évasion, on pouvait rêver mieux. L’écran se doit de résumer le jeu, l’ambiance et nous plonger dans son univers. Le splendide écran Stormbringer d’Oriflam d’Hubert de Lartigue était un chef d’oeuvre du genre, surtout quand vous jouiez un mendiant de Nadsokor.

L’autre écueil des écrans se trouve aussi dans l’impression -à même ces derniers- du prix, du code barre et de la mention « GAMEMASTER’S SCREEN ». Cela ruine l’écran et au lieu d’avoir une feuille insérée dans l’emballage de plastique, vous voilà à jamais condamné à contempler l’ISBN. A croire qu’ils aient eu peur que l’on oublie le nom du jeu.

Dans un autre registre nostalgique, l’Oeil Noir avait des écrans minuscules (et on ne cartonnait pas à l’époque) qui arboraient néanmoins un superbe graphisme épuré. La version Schmidt (et non la Gallimard) avait en revanche le nom inscrit bien en évidence. l-oeil-noir-l-ecran-seul-999802804_ML

Il y a bien des moyens de créer le sien. Des boîtes de céréales, deux chemises 3 volets et encore des boîtes de bottes peuvent faire l’affaire. Bien sur, un chat sur la table, fléau ambulant et prédateur naturel du dé (« mais si, je t’assure! C’était un 01!!! ») sera un bon test quant à sa solidité. 6d7f377c87cdcbfd211cf10fd5d610ba

Le plus important est de l’équiper de trombones pour les pnj et autres notes mais surtout il faut penser à l’extérieur. Que celà soit une image, le trombinoscope de vos PNJ, une carte ou autres, pensez à coller des pochettes A4 que vous remplirez à votre guise. Cela permet de moduler les ambiances que vous souhaitez mettre d’une partie à l’autre, même si vous jouez à la même campagne.

   On trouve donc toute sorte de modèles comme ci-dessous, qui prend en compte la modularité jusqu’à l’extrême et qui est même pensé aux dés que vous ne chercherez plus sous la feuille de votre scénario. Espérons que Gygax ne faisait pas allusion à cela quand il a dit sa fameuse citation.dmscreen2 Mais malgré leur beauté, je préfère le vieil écran abîmé, griffonné, écorné et témoin muet de tant de joie et de passion. Celui qu’on a perdu et retrouvé tant de fois à cause du carton souple que l’on n’a pas pas vu parce qu’il était entre deux volumes. J’aime l’écran fait maison avec tant d’amour, de scotch et de colle.

Et avec une bonne imprimante laser couleur vous pouvez atteindre de vrais sommets comme avec celui-ci fait par un amateur, sur la base de dessins d’Arthur Rackham.

Si vous souhaitez vous lancer dans ce passe-temps bien relaxant, en mode un peu plus McGyver, voici ce petit tutoriel plus astucieux qu’il ne paraît:

Et un autre site de conseils.

C’est donc tout pour cette semaine, espérant que ma croisade va donc lever une tempête (quel noble combat!). Ne l’oublions pas, un écran normal, donc en format portrait, permet aussi de cacher vos fous rires quand les joueurs débattent.. »Mais si, je t’assure que c’est sans risque…. »

Tour d’Horizon: les écrans (et deux digressions)

Ça y est, l’air s’emplit de la magie de Noël chère à Dickens et c’est le moment de la semaine où nous faisons notre Tour d’Horizon hebdomadaire, entre deux vidéos de l’avent qui en veulent à votre portefeuille.

Côté jeu de Rôle, nous pouvons déjà vous dire que nous allons parler dans notre prochain Journal du Rôliste de l’Appel de Cthulhu version 7. Cette version à sortir a un peu cassé Kickstarter et la semaine dernière, Sans Détours a teasé sa traduction dans un style très Alien. Cette mouture sera un peu le Windows 8 de ce jeu, à savoir une grosse révolution qui passera ou qui fera des dégâts. Refonte complète des règles, des caractéristiques (qui passent en pourcentages, adieu le 2D6+2 pour la TAI), du combat et qui, je l’espère, fera disparaître les règles incompréhensibles sur les livres maudits pour acquérir du Mythe. Pour l’instant, vous pouvez vous jeter sur le Quick-starter gratuit qui la présente et voir l’étendue des changements très intéressants et simplifiant bien des points qui vont nous être proposés.

Partons dans les univers généralistes de JDR et voyageons dans le temps avec Simulacres, pour lequel son auteur Pierre Rosenthal a créé un groupe de discussion. Il y a mis à disposition les différentes versions du jeu et il s’agit là d’une petite plongée nostalgique et bien sympathique, en attendant une éventuelle nouvelle édition. Simulacres se voulaient être un jeu générique compatible avec tous les univers possibles qui a amené bien des heures de plaisir, à une épo6264_10152797706629936_2058580653594112753_nque Casus Belli était à son sommet créatif. Dans les éternelles questions/ débats de rôlistes sur quel jeu pour pouvoir initier, eh bien vous avez celui-ci. On y trouvait un système de table à symboles qui couvrait toutes sortes de possibilités. Je le concède, Désir+Instincts n’a pas été le jet le plus commun. En tout cas, cela vaut le détour de mettre la main dessus et d’en tirer la substantifique moelle.

Continuons ce rapide tour d’horizon par une partie du jeu qu’Eric Wujcik renierait presque. Le Dé (one die, 2 dice, pluriel irrégulier). Oui, le petit truc qui fait du bruit derrière la paravent mais qui tombe aussi beaucoup sous la table. En furetant par monts et par vaux numériques je suis tombé sur ses photos qui mettent une certaine ambiance. Si vous voulez vraiment passer pour un amoureux de votre passion, voici une bien agréable idée (et qui limite aussi le sus-nommé fléau des dés-sous-la-table-au moment-critique)

Les dés sont la manifestation la plus étrange de superstition du rôliste. Avouons-le, nous leur donnons tous une personnalité. Dans la famille, il y a le dé que l’on hésite à lancer de peur de gâcher les bons résultats et  celui qui (justement) fait des bons résultats et celui qui est beau mais qui vous lance un sort de jurons au bout de 5 jets lamentablement ratés. Il y a aussi celui qui est le champion de la réussite critique pour le jet inutile de début de partie (négocier le prix de la chambre d’hôtel/auberge) mais qui vous plante sournoisement devant le grand méchant. Bref,  il est toujours la source de grandes manifestations d’émotions car chacun a connu cette sensation quand le dé tourne sur lui-même, arrêtant le temps et toute parole.

On a tous eu cette tendresse pour le débutant (garçon ou fille) qui fait 9 sur un D8  car il/elle a confondu avec le D10. On a tous dit: « Il est bizarre comme dé » en regardant le D4. Et les plus anciens se rappellent tous du dédain (temporaire) que l’on avait pour le D6, maintenant revenu en force. Le dé est finalement ce qui dure le plus longtemps dans la carrière d’un rôliste et l’attachement sentimental est bien compréhensible. Pour ma part, ils ont même quitté ma table de jeu, utilisant un D30 pour interroger mes élèves. Et signe des temps, en cas de creux, on peut même les manger:

A l’époque où l’on voit même des applications pour lancer des dés (si « jouer ou mourir » est votre devise), nous qui croyons avoir tout inventé avons bien tort: Terminons enfin notre petit tour par un énorme horizon. En début de semaine sortait Wanderers (les errants), un film de trois minutes sur l’exploration de l’espace, réalisée par du Suédois Erik Wernquist. C’est presque une version « swedée » (jeu de mots) d’Interstellar, mais avec un texte de Carl Sagan et une magnifique citation d’Herman Melville.

Une autre fantastique initiative est son explication plan par plan avec des images HD de ces derniers qui feront la joie de vos écrans d’ordinateurs. On est loin de Space 1999….

(Avant) (Après)   Allez, petit bonus. Un petit film qui s’appelle Starwars a besoin d’aide. Je ne vous parle pas de la nouvelle bande-annonce qui montre à quel point les fans des bases sont des conservateurs invétérés. Je parle de cette vidéo qui est la même bande-annonce, mais « revue » par George Lucas, s’il était encore aux commandes. Elle est un chef d’œuvre de finesse et d’humour.

Tour d’Horizon: des Tentacules, des dés et des étoiles

Tour d’Horizon: Il y a Ici, et il y a l’Ailleurs

Alors que RolisteTV prépare les tournages de son calendrier de l’avent, petit tour d’Horizon hebdomadaire. Avant de trouver sa rubrique de croisière, celle-ci va aujourd’hui se pencher sur l’Ailleurs.

Il est évident que le terme signifie tout et son contraire et comme Frodon l’avait bien compris en quittant la Comté, l’Ailleurs est finalement à un pas de l’Ici. Et en tant que rôlistes, nous le savons bien: l’Ailleurs est même à un mot de l’Ici. Dans le domaine du fantastique, les personnages vont souvent vers cet Ailleurs. Ils découvrent physiquement d’autres mondes sous diverses formes. Il n’y a guère que dans les univers de Stephen King où c’est l’Ailleurs qui vient à la rencontre de l’Ici, quand la belle communauté décrite pendant les premiers chapitres se voit chamboulée.

La plus grande des voyageuses de l’Ailleurs (ou « exploratrice », pour éviter un pléonasme) et la pionnière du genre est bien sûr notre jeune Alice. Elle vivait tranquillement sa vie sans internet ni téléréalité et elle est passée à travers un terrier. Cela peut arriver à tout le monde, concédons-le. Ensuite, en concourant pour le prix de la fille la moins chanceuse de l’année, elle est passée à travers un miroir.

Si Alice ne l’a pas fait exprès, aller dans l’Ailleurs est tout ce que nous souhaitons et je suis certain que chacun passera quelques secondes à tenter de répondre à la question ci-dessous (et pour ma part, cela sera tout sauf la dernière proposition).

tumblr_n6ne6ytOjn1s6oe3jo1_500Et pour y aller, voici donc un petit tour très sélectif et subjectif de ce fameux Ailleurs, pour aller au loin, quelque part nulle part (c).

Si Stephen King aime le schéma de l’étranger dans la communauté, Neil Gaiman utilise le schéma inverse. Dans un parcours que Joseph Campbell ne renierait pas, le héros est bien souvent quelqu’un qui va découvrir un autre
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